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giu 28

Quelques données sur le passé JUDEO-BERBERE

Les spécialistes de la question n’arrivent pas à trancher. D’un point de vue linguistique, un petit nombre d’entre eux s’entendent pour identifier une affinité des langues berbères avec les grands groupes linguistiques, qu’ils soient indoeuropéen, sémitique ou chamitique. Il n’est pas possible de définir le Berbère type comme appartenant à un groupe ethnique commun. Le fait que les textes en langue berbère (tifinagh) soient très limités nous conduit à connaître l’histoire berbère par des témoignages provenant de l’extérieur ou encore par la vaste littérature orale.

Les groupements berbères

À l’époque romaine, les Maures désignaient les Berbères à l’Ouest de la rivière de la Moulouya et les Numides, ceux qui se trouvent entre la Moulouya et l’Ouest de Carthage. Quant aux Gétules, ils désignaient les nomades du désert. Ibn Khaldoun (XIVé siècle) fut l’historien des Berbères par excellence. Il les divisait en Botr (nomades) et Beranes (sédentaires). Ces derniers s’identifiaient comme des Imazighen (hommes libres) : les Masmouda résidant dans le Moyen et le Haut Atlas et les Sanhadja vivant essentiellement au Sahara occidental. Par ailleurs, les Zénata occupaient les régions à l’Est de l’Atlas et les Lowata se trouvaient principalement en Libye.

Les langues berbères

Les groupes linguistiques berbères sont : le Tamashek (Touareg), le Chaouïa et le Kabyle (Algérie), le Rifain (Nord marocain), le Tamazight (Centre marocain) et le Chleuh (Sud marocain). Des groupes judéo-berbères ont survécu jusqu’au XXé siècle, principalement dans l’Atlas et ont émigré en Israël. L’on connaît certains textes judaïques tout comme celui de la Haggada de Pessah en langue judéoberbère.

Les tribus juives de Berbérie

D’après le Talmud, plusieurs tribus berbères seraient d’origine cananéenne et la Berbérie aurait été un des lieux d’exil des dix tribus perdues. De nombreux historiens arabes (Ibn Abd El Hakim, Idrissi et Ibn Khaldoun) reprennent la thèse de l’origine cananéenne de certaines tribus berbères. L’historien Ibn Khaldoun mentionne que les tribus suivantes étaient juives: les Nefoussa en Tripolitaine; les Djeraoua dans l’Aurès; les Fendélaoua et les Mediouna dans la région de Tlemcen,; les Behloula dans le Sous près de Taroudant; les Rhiatas et les Fazas dans le Rif et la région de Taza au Maroc.

Preuves archéologiques

Il existe également des nécropoles juives antéislamiques qui corroborent la présence juive séculaire en Berbérie : à Djado au Djebel Nefoussa; à Nédromah dans l’Ouest algérien; à Baga, au Djebel Mitmassa, au Djebel Chommer et au Djebel Djaafa (tous dans l’Aurès) et à Taza et à Taroudant (Maroc). De plus, l’on dénombre six sanctuaires (ghriba) réservées aux aaronides (Cohanim de la descendance d’Aaron) : à Djebel Iffren et à Serous (Libye), dans le Kéf et à Djerba (en Tunisie), à Biskra et à Bône (Algérie) et à Debdou (Maroc). L’île de Djerba est encore à ce jour peuplée de familles aaronides.

Un défi de taille.

Expliciter les diverses facettes de l’histoire judéo-berbère est une tâche d’envergure. Il faut pour cela développer les différents mouvements migratoires juifs vers l’Afrique du Nord et approfondir le thème des tribus berbères judaïsées. Cette page d’histoire fait partie du patrimoine sépharade et mérite que l’on s’y penche.

Source: http://www.amazighworld.org/history/index_show.php?id=2305

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